Seul en mer

de et avec Emmanuel Barrère

« La pièce se présente sous la forme d’une visite du phare de Cordouan par Noah, son gardien. Les spectateurs découvrent le monument, mais aussi, avec humour et tendresse, la vie intime d’un être-humain que même la lumière d’un phare ne parvient plus à éclairer.» 

Genèse

 

Je suis un comédien sans travail à cause des confinements, je me rends en Charente-Maritime avec ma compagne originaire de Royan. Après les vagues, je deviens agent d’accueil au phare de Cordouan. Passionné par son histoire, je décide de devenir gardien, et contre toute attente, mon souhait se réalise. Un jour de visite, mon binôme termine son discours, il est applaudi.

De cette scène est né le désir de faire le lien entre spectacle et phare de Cordouan. Ayant été au contact des visiteurs du phare, il me paraît sensé de prolonger l’expérience et de ramener Cordouan à terre, de le rendre accessible.

Après les vagues de confinement, la majorité des gens ont désiré revoir du monde, Noah, lui, a ressenti le besoin de prolonger cet état de solitude, de faire le chemin inverse, car il n’a jamais trouvé sa place dans la société.

En vieillissant il est essentiel de laisser derrière soi ses modèles : un parent, Dieu, un ami, un héros… un phare, pour trouver sa propre place. Sans le remarquer, nous devenons à notre tour un modèle pour nos enfants, un guide, une lumière… un phare.

Mon besoin primordial est de renouer avec le métier du spectacle en racontant comment je m’en suis éloigné. Mon objectif est de mettre en avant le patrimoine, mais surtout d’émouvoir les spectateurs en racontant l’histoire de l’un d’eux, d’expliquer aux terriens que ces éloignés en mer gèrent les mêmes problèmes qu’eux au quotidien… de là naîtra l’empathie du public, et c’est ainsi qu’il pourra s’identifier.”

Emmanuel Barrère

Note d'intention

 

Le phare de Cordouan est la figure patrimoniale du littoral charentais, une référence, une star locale. Pourtant, au delà de ce rendez-vous touristique particulier, l’image du phare est aussi celle du guide, de la stabilité, de la figure protectrice qui préserve des récifs et de l’errance.

 » La démarche et le texte d’Emmanuel m’ont touché à bien des égards. À travers le récit de son expérience comme gardien de phare, ce n’est pas seulement son séjour au large qu’il raconte.

Ce sont les questionnements qu’implique la néo-parentalité et qui nous renvoient à la relation que nous avons à notre propre paternel.

C’est aussi cette volonté de chambouler une vie soit trop tranquille, soit trop tumultueuse. Ce moment où l’on a besoin de changement, sans trop avoir identifié pourquoi. Pour sortir de la routine, pour réaliser que cette routine était finalement plutôt convenable…

Ce sont les tourments que l’on peut rencontrer à l’approche de la trentaine, de la quarantaine, pourquoi pas de la cinquantaine (c’est selon), que je lis à travers cette expérience de gardien de phare.

Plus théâtralement parlant, il se joue ici une danse des apparences, entre un besoin de solitude et une nécessité profonde de sociabiliser, entre un guide perdu dans lui-même et un comédien en nostalgie de représentation.

En suivant ce jeu d’apparences, nous avons fait le choix d’emmener le public dans un voyage dont la destination n’est pas celle attendue.

À partir d’une conférence sur ce joyau du patrimoine qu’est le phare du cordouan, Noah, à la fois gardien du phare et guide touristique, ne pourra s’empêcher de se raconter. Le masque de la représentation va, au fur et à mesure de l’ascension, laisser apparaitre ses fêlures et ses doutes, chaque étage du phare faisant écho à des questionnements sur sa vie personnelle.

Au point culminant de l’ascension, le masque ne tient plus. Le rôle de guide restera alors là-haut, et lors de la descente, c’est de l’intimité de ses questionnements que Noah nous fera la visite. Comme un retour sur terre, il retrouvera sa vocation de comédien, à travers le partage d’expériences plus personnelles et de questionnements qui touchent à l’universel. De la conférence vers le théâtre, donc.”

Jean Pavageau

de et avec : Emmanuel Barrère
mise en scène : Jean Pavageau
création lumière et sonore : Jean-Olivier Jules

durée : 60 minutes, sans entracte

Le spectacle bénificie de la labellisation du departement de la Charentes Maritime dans le cadre du Fonds d’Aide à la Diffusion Culturelle.

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